Nigeria : Bola Tinubu veut mettre fin aux exportations de cacao brut

Le président nigérian Bola Tinubu entend tourner la page d’un modèle économique centré sur l’exportation de fèves de cacao non transformées. En misant sur la transformation locale, Abuja ambitionne de capter une plus grande part de la valeur ajoutée de l’industrie mondiale du chocolat, tout en accélérant l’industrialisation du pays et en renforçant les revenus de sa filière cacaoyère.  

Le Nigeria veut désormais transformer son cacao avant de l’exporter. À l’ouverture du Sommet africain sur le cacao organisé à Abuja, le président Bola Tinubu a annoncé sa volonté de mettre un terme aux exportations de cacao brut afin de privilégier la transformation locale et la production de produits à forte valeur ajoutée, notamment le chocolat. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie industrielle visant à renforcer la compétitivité de la filière et à créer davantage d’emplois sur le territoire national.

Pour le chef de l’État, il n’est plus acceptable que les pays africains, qui assurent près de 70 % de la production mondiale de cacao, ne captent qu’une infime partie des revenus générés par l’industrie du chocolat. L’objectif est de faire de la transformation locale le moteur du développement de la filière, afin que le continent bénéficie davantage de la richesse créée par ses matières premières.

Cette ambition s’accompagne d’investissements dans les capacités de transformation. Les autorités nigérianes ont notamment mis en avant le développement d’une nouvelle unité de transformation de cacao d’une capacité de 70 000 tonnes dans l’État d’Ogun, illustrant leur volonté de bâtir une véritable industrie du chocolat et des produits dérivés.

Au-delà du Nigeria, cette stratégie prend une dimension régionale. Abuja, Accra, Abidjan et Yaoundé ont signé la Déclaration d’Abuja, scellant une alliance entre les quatre principaux producteurs africains de cacao. Ensemble, le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Cameroun, qui représentent environ 75 % de la production mondiale, entendent coordonner leurs positions afin de favoriser la transformation locale et de renforcer leur pouvoir de négociation sur le marché international.

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