La Manufacturers Association of Nigeria (MAN) tire la sonnette d’alarme face à la forte dépendance du pays aux importations de produits laitiers. Selon l’organisation, le Nigeria dépense chaque année près de 1,5 milliard de dollars pour importer du lait en poudre, du beurre, du fromage, du lait concentré et d’autres produits dérivés. Cette facture pèse lourdement sur les réserves en devises et freine le développement de l’industrie agroalimentaire nationale.
Une production locale largement insuffisante
Avec une population de plus de 240 millions d’habitants, le Nigeria consomme environ 1,6 million de tonnes de lait par an, alors que sa production nationale atteint seulement 700 000 tonnes. Le déficit de près de 900 000 tonnes oblige le pays à importer près de 60 % de ses besoins. Pourtant, le Nigeria possède un cheptel estimé à plus de 20,9 millions de bovins, dont la faible productivité limite fortement l’offre locale.
Un potentiel industriel considérable
Pour les industriels, cette dépendance représente autant un défi qu’une opportunité. Le développement de la filière laitière pourrait générer des milliers d’emplois dans l’élevage, la collecte, la transformation, le conditionnement et la distribution. La MAN appelle le gouvernement à accélérer les investissements dans l’amélioration génétique des troupeaux, les infrastructures de collecte, la chaîne du froid, les fermes modernes et les unités de transformation afin de renforcer la production nationale.
Vers une souveraineté alimentaire
Le gouvernement nigérian s’est fixé l’objectif de doubler la production de lait dans les prochaines années afin de réduire progressivement les importations. Pour les industriels, chaque dollar investi dans la filière laitière contribuera à renforcer la souveraineté alimentaire, préserver les réserves de change et développer une véritable industrie agroalimentaire locale. Dans un pays qui devrait compter près de 400 millions d’habitants à l’horizon 2050, la modernisation de la filière laitière apparaît comme un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire et la croissance économique.

