L’accord a été conclu en marge de Gastech 2026, la grande conférence internationale consacrée au gaz, au GNL et aux technologies énergétiques, organisée du 14 au 17 septembre à Bangkok. Les blocs concernés sont SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M. Le protocole prévoit la réalisation d’études préliminaires ainsi que d’analyses techniques destinées à mieux déterminer leur potentiel en hydrocarbures.
Une nouvelle étape pour l’exploration
Selon Reuters, Eni financera et réalisera de manière indépendante les études techniques, géologiques et géophysiques nécessaires à l’évaluation des cinq zones. La compagnie travaillera dans le cadre du processus de développement avec Petrosen, la société pétrolière nationale sénégalaise.
Cette démarche intervient alors que le Sénégal cherche à mieux valoriser son vaste potentiel offshore. Le ministère de l’Énergie indique que le bassin sédimentaire national comprend 32 blocs, dont 25 offshore, et rappelle que plusieurs découvertes majeures de pétrole et de gaz ont été réalisées au large du pays au cours de la dernière décennie.
L’intérêt d’Eni est également significatif sur le plan industriel. Une phase d’évaluation permet en effet de déterminer la qualité des structures géologiques, l’existence éventuelle de ressources exploitables et les conditions techniques nécessaires à leur développement.
Un marché pétrolier sénégalais en expansion
Le nouvel accord intervient dans un contexte particulièrement dynamique pour le secteur. Le Sénégal est devenu producteur de pétrole avec le démarrage de Sangomar en juin 2024 et a également commencé à produire du gaz dans le cadre du projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA), développé avec la Mauritanie.
Le pays cherche parallèlement à attirer de nouveaux capitaux et de nouvelles compétences dans l’exploration. Dakar prévoit ainsi de mettre à la disposition des investisseurs 109 blocs pétroliers et gaziers, sur un portefeuille total de 113 blocs, selon les annonces faites récemment par le ministère.
Pour Eni, l’opération offre une possibilité d’approfondir sa connaissance du potentiel géologique sénégalais. Pour le Sénégal, elle constitue surtout une étape d’évaluation avant toute éventuelle décision d’exploration avancée, de forage ou de développement commercial.
L’enjeu dépasse donc la simple signature d’un protocole. La réussite des études pourrait contribuer à élargir la base de ressources énergétiques du pays, à stimuler les investissements dans les services pétroliers et parapétroliers et à développer davantage les compétences et chaînes de valeur associées aux hydrocarbures.
Le protocole signé à Bangkok marque ainsi une nouvelle avancée dans la connaissance du sous-sol offshore sénégalais, à un moment où le pays cherche à transformer son potentiel énergétique en investissements, en capacités industrielles et en nouvelles opportunités économiques.

