La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) franchit une étape majeure dans sa stratégie de financement en levant 108 milliards de FCFA à la Bourse de Luxembourg à travers une émission d’obligations liées au développement durable. Une première pour une entreprise publique de service public en Afrique, qui permettra de financer des projets d’énergies renouvelables, de moderniser le réseau électrique et de diversifier les sources de financement de l’opérateur sénégalais.
La Senelec ouvre un nouveau chapitre de son développement financier. L’entreprise publique sénégalaise a officialisé la cotation de ses obligations durables indexées sur la performance (Sustainability-Linked Bonds – SLB) à la Bourse de Luxembourg, pour un montant de 108 milliards de FCFA (environ 164 millions d’euros). Cette opération constitue une première en Afrique pour une société de service public et marque une avancée significative dans le recours à des instruments financiers innovants pour soutenir la transition énergétique.
Structurée sous la forme d’une titrisation adossée à des créances issues des factures d’électricité, cette émission permettra à la compagnie nationale de mobiliser des ressources de long terme afin de financer ses investissements stratégiques. Plus de 52 % des fonds seront consacrés à des projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, tandis que le reste soutiendra des objectifs mesurables de réduction des pertes sur le réseau et d’amélioration de l’accès à l’électricité.
Au-delà du financement, cette double cotation à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et à la Bourse de Luxembourg renforce la visibilité internationale de Senelec et élargit son accès aux investisseurs spécialisés dans la finance durable. Pour son directeur général, Papa Toby Gaye, cette opération illustre la volonté de l’entreprise de diversifier durablement ses sources de financement, de renforcer sa capacité d’investissement et d’accélérer la transition énergétique du Sénégal. Cette levée de fonds envoie également un signal fort aux marchés financiers africains.
Elle démontre qu’une entreprise publique peut mobiliser des capitaux internationaux à travers des mécanismes financiers sophistiqués tout en intégrant des objectifs environnementaux et de performance. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres opérateurs d’infrastructures sur le continent, confrontés à des besoins croissants de financement pour moderniser leurs réseaux et accompagner la transition vers une énergie plus durable.

