Avec 48,37 milliards de dirhams de chiffre d’affaires au premier semestre 2026, contre 52,17 milliards un an auparavant, OCP subit un environnement international moins favorable. Le groupe conserve toutefois une stratégie industrielle de long terme fondée sur la transformation des phosphates, la diversification et la maîtrise des coûts énergétiques.
Le groupe OCP a réalisé au premier semestre 2026 un chiffre d’affaires de 48,372 milliards de dirhams, contre 52,166 milliards à la même période de 2025. Cette baisse intervient dans un contexte international marqué par la volatilité des marchés des engrais, les tensions géopolitiques et l’évolution des conditions commerciales. Pour le premier producteur mondial de phosphates, ces fluctuations constituent un défi conjoncturel mais ne remettent pas en question les fondamentaux du modèle industriel. OCP poursuit en effet sa transformation d’un groupe principalement minier vers un acteur intégré de la chimie et des engrais à forte valeur ajoutée. Cette stratégie repose sur le développement de nouvelles capacités industrielles, l’optimisation des chaînes logistiques et la diversification des produits. Le groupe investit également dans la décarbonation, les énergies renouvelables et la gestion durable de l’eau. Cette orientation devient essentielle alors que le coût de l’énergie constitue un facteur déterminant de compétitivité dans l’industrie des engrais. La performance d’OCP doit donc être appréciée au-delà de l’évolution trimestrielle du chiffre d’affaires.
La transformation locale reste stratégique
La demande mondiale d’engrais demeure structurellement soutenue par les besoins alimentaires et l’évolution démographique. OCP dispose ainsi d’un avantage majeur grâce aux réserves marocaines de phosphate et à son intégration industrielle. L’enjeu consiste désormais à accroître la valeur créée au Maroc, à renforcer la production de produits transformés et à développer davantage les marchés africains. La stratégie du groupe participe directement à la politique industrielle nationale en associant ressources minières, chimie, énergie, logistique et innovation. Le recul enregistré au premier semestre constitue donc davantage un signal de vigilance qu’une remise en cause de la trajectoire industrielle. La capacité d’OCP à traverser les cycles internationaux dépendra surtout de sa diversification et de sa maîtrise des coûts.

