Le secteur bancaire marocain traverse une année 2026 moins dynamique que prévu, mais conserve des fondamentaux solides. Avec un produit net bancaire cumulé de 49,8 milliards de dirhams au premier semestre, les banques cotées restent au cœur du financement de l’économie, tandis que les perspectives apparaissent plus favorables à partir de 2027.
Les banques marocaines cotées abordent 2026 dans un environnement marqué par le ralentissement de certaines activités financières. Leur produit net bancaire cumulé atteint 49,8 milliards de dirhams au premier semestre, en hausse de 1,5%. Cette progression demeure toutefois inférieure aux anticipations initiales, conduisant les analystes à ramener leurs prévisions de croissance du PNB annuel à 1,1%, contre 4,8% auparavant. La principale pression provient des activités de marché, affectées par l’évolution des taux et par un environnement international plus volatil. Parallèlement, les établissements bancaires poursuivent leurs investissements dans la digitalisation, la cybersécurité et l’amélioration des services, ce qui pèse temporairement sur les charges. Le ralentissement observé ne remet cependant pas en cause la solidité structurelle du secteur. Le crédit continue de progresser, notamment auprès des entreprises privées, tandis que les besoins liés aux investissements industriels, aux infrastructures et aux grands projets renforcent la demande de financement. Les banques devront néanmoins maintenir une gestion rigoureuse du risque et du coût du risque.
Le crédit reste le principal moteur
La perspective de 2027 apparaît plus favorable avec une possible normalisation des activités de marché et une accélération du crédit. L’investissement public et privé attendu dans les prochaines années devrait également soutenir les revenus bancaires. Les établissements auront surtout un rôle déterminant à jouer dans le financement des PME, de l’industrie, des infrastructures et de la transition énergétique. Le véritable enjeu ne sera donc pas uniquement la croissance des encours, mais la capacité à orienter davantage les ressources vers les activités productives. Dans cette perspective, le ralentissement de 2026 peut être considéré comme une phase d’ajustement avant une nouvelle séquence de croissance.

