L’Afrique du Sud remet la modernisation de ses infrastructures au cœur de sa stratégie économique. Le groupe public Transnet cherche à obtenir 35 milliards de rands, soit environ 2,2 milliards de dollars, auprès du Trésor national afin d’accélérer la modernisation de ses infrastructures ferroviaires et portuaires.
La demande, annoncée le 13 août par la ministre des Transports Barbara Creecy, intervient alors que les performances logistiques du pays pèsent sur les exportations et la compétitivité des entreprises.
Le dossier dépasse largement la situation financière d’une entreprise publique. Transnet constitue l’un des maillons essentiels de l’économie sud-africaine, notamment pour l’acheminement des minerais, des produits agricoles et des marchandises destinées à l’exportation. La faiblesse des infrastructures ferroviaires et portuaires entraîne des retards, augmente les coûts logistiques et réduit la capacité des entreprises à répondre rapidement aux marchés internationaux.
Pour une économie fortement dépendante des exportations de matières premières, la question des infrastructures devient donc une question directement liée à la croissance.L’enveloppe sollicitée doit permettre d’accélérer les investissements dans les réseaux ferroviaires et les installations portuaires. L’enjeu est également industriel : une logistique plus performante peut améliorer la compétitivité des mines, des producteurs agricoles, des fabricants et des exportateurs. Le gouvernement sud-africain cherche ainsi à rétablir la confiance des investisseurs dans les infrastructures économiques du pays.
Mais le financement public ne suffira pas à lui seul. Transnet devra également démontrer sa capacité à améliorer sa gouvernance, sa productivité et la qualité de ses services. Le véritable enjeu consiste à transformer ces milliards de rands en capacité logistique réellement disponible.Pour les industriels, chaque amélioration du réseau ferroviaire ou portuaire peut se traduire par une réduction des coûts et une amélioration des délais. Pour les investisseurs étrangers, la qualité des infrastructures constitue un élément déterminant dans la décision d’implanter une activité.
Le cas sud-africain illustre ainsi un problème plus large du continent : l’Afrique peut-elle accélérer son industrialisation sans résoudre d’abord son déficit d’infrastructures ?
Transnet se retrouve au centre de cette équation. Le succès du programme sera donc mesuré non seulement en milliards investis, mais surtout en tonnes transportées, délais réduits, exportations supplémentaires et investissements industriels créés.L’Afrique du Sud joue ici une partie importante de sa compétitivité future. L’argent doit désormais produire de la logistique, et la logistique doit produire de la croissance.

