Confronté depuis plusieurs années à des coûts élevés de production d’électricité et aux difficultés financières de son secteur énergétique, le Ghana veut accélérer le recours au gaz naturel domestique. Accra prévoit la construction d’une nouvelle centrale de 1 200 MW, avec l’ambition de réduire les coûts de production et, à terme, d’alléger la facture énergétique des ménages et des entreprises.
Le Ghana veut tourner une nouvelle page de sa politique énergétique. Alors que le coût de l’électricité pèse lourdement sur les ménages et les entreprises, le gouvernement mise désormais davantage sur ses ressources gazières nationales pour renforcer la compétitivité de son système électrique. Au cœur de cette stratégie figure un projet de centrale thermique au gaz d’une capacité de 1 200 MW, annoncé par les autorités comme un levier majeur pour accroître l’offre tout en réduisant les coûts de production.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation du secteur, fondée sur le principe du « Gas-to-Power ». L’objectif est de substituer progressivement le gaz naturel produit localement aux combustibles importés, jugés plus coûteux et plus exposés aux fluctuations des marchés internationaux. Selon les éléments communiqués autour de cette stratégie, le Ghana ambitionne ainsi de réduire fortement ses coûts de production d’électricité, dans un contexte où la facture énergétique et les déséquilibres financiers du secteur constituent un enjeu majeur pour les finances publiques.
La nouvelle centrale doit également permettre au pays d’anticiper la progression de la demande électrique. La consommation de pointe ayant fortement augmenté, les autorités cherchent à renforcer les capacités disponibles afin d’éviter que la croissance économique et industrielle ne se traduise par une pression supplémentaire sur le réseau. Le projet devrait ainsi contribuer à accroître significativement la capacité de production nationale et à sécuriser l’approvisionnement à moyen terme.
Pour soutenir cette ambition, Accra compte également sur l’augmentation de la production de gaz domestique. Les ressources issues notamment des champs Jubilee et TEN, ainsi que le développement des capacités liées au projet OCTP, doivent permettre d’améliorer l’approvisionnement des centrales thermiques. Cette disponibilité accrue du gaz est considérée comme une condition essentielle à la réussite de la stratégie « Gas-to-Power », qui repose sur la capacité du pays à garantir un approvisionnement régulier et compétitif de ses unités de production.
Le pari est donc à la fois énergétique et économique. En réduisant sa dépendance aux combustibles importés, le Ghana espère contenir ses coûts de production, améliorer la viabilité financière de son secteur électrique et créer un environnement plus favorable à l’activité industrielle. Une électricité moins chère et plus fiable pourrait notamment soutenir les entreprises fortement consommatrices d’énergie, tout en améliorant le pouvoir d’achat des ménages.
Mais la réussite de cette stratégie dépendra de plusieurs facteurs. La sécurisation des investissements, la disponibilité permanente du gaz et la capacité du réseau à absorber les nouvelles capacités de production seront déterminantes. Le Ghana devra également poursuivre les réformes engagées pour assainir les finances de son secteur électrique, alors que les difficultés structurelles de ce dernier continuent de peser sur les comptes publics.
À travers cette nouvelle orientation, le Ghana cherche ainsi à transformer son potentiel gazier en avantage économique. La construction de nouvelles capacités de production pourrait marquer une étape importante dans la réforme du secteur électrique, à condition que le pays parvienne à maîtriser durablement les coûts et à garantir un approvisionnement suffisant en gaz. L’enjeu dépasse donc la seule production d’électricité : il s’agit pour Accra de bâtir un système énergétique plus compétitif, capable d’accompagner la croissance économique tout en réduisant la pression exercée par le coût de l’énergie sur les ménages et le tissu productif.

