La Libye accélère sa relance énergétique en misant davantage sur le gaz naturel. La National Oil Corporation (NOC) a confié à Shell une mission d’évaluation technique destinée à élaborer une nouvelle stratégie nationale de développement gazier. L’objectif est clair : augmenter la production, mieux valoriser les ressources disponibles et renforcer les exportations vers l’Europe, dans un contexte où la sécurité énergétique européenne reste un enjeu majeur.
L’accord prévoit que Shell réalise une évaluation complète des ressources gazières du pays, des infrastructures existantes ainsi que des opportunités d’investissement. Les conclusions serviront de base à une feuille de route visant à moderniser le secteur gazier libyen et à attirer de nouveaux capitaux internationaux. Cette initiative intervient alors que Tripoli cherche à diversifier une économie encore largement dépendante du pétrole.
Le choix de Shell n’est pas anodin. Le groupe anglo-néerlandais renforce progressivement sa présence en Libye après plusieurs années de retrait, dans un contexte où plusieurs majors internationales, dont Eni, TotalEnergies, Chevron et ConocoPhillips, multiplient les investissements dans le pays. La concurrence s’intensifie autour d’un marché considéré comme l’un des plus prometteurs d’Afrique du Nord.
Pour la Libye, le gaz constitue désormais un levier stratégique. Le pays dispose déjà d’un accès direct au marché italien grâce au gazoduc GreenStream, mais les volumes exportés restent largement inférieurs aux capacités de cette infrastructure. Les autorités ambitionnent donc de relancer les forages, d’améliorer les performances des champs existants et de développer de nouveaux projets afin d’augmenter les livraisons vers l’Europe au cours des prochaines années.
Cette stratégie répond également aux besoins du marché intérieur. La consommation de gaz pour la production d’électricité ne cesse de croître, obligeant le gouvernement à trouver un équilibre entre sécurité énergétique nationale et ambitions exportatrices. Le développement de nouvelles capacités de production apparaît ainsi indispensable pour satisfaire ces deux objectifs.
Au-delà de la Libye, cette initiative illustre le regain d’intérêt des compagnies internationales pour les ressources gazières africaines. Alors que l’Europe cherche à diversifier ses approvisionnements, les pays du continent disposant de réserves importantes entendent profiter de cette demande pour attirer des investissements, développer leurs infrastructures et renforcer leur place sur le marché mondial du gaz.
Si les défis politiques et sécuritaires demeurent, le partenariat avec Shell marque une nouvelle étape dans la stratégie de Tripoli. En s’appuyant sur l’expertise d’un acteur mondial du secteur, la Libye espère transformer son potentiel gazier en un véritable moteur de croissance économique et redevenir un fournisseur énergétique incontournable en Méditerranée.

