Le Zimbabwe poursuit sa stratégie de montée en gamme dans la filière du lithium. La mine de Bikita, contrôlée par le groupe chinois Sinomine Resource Group, déploie un programme d’investissement de 400 millions de dollars destiné à construire une usine de sulfate de lithium. L’objectif est de transformer localement le minerai et de renforcer la position du pays dans la chaîne de valeur mondiale des batteries.
Longtemps cantonné à l’exportation de concentrés de lithium, le Zimbabwe accélère désormais sa stratégie de transformation locale des minerais critiques. À Bikita, dans la province de Masvingo, le groupe chinois Sinomine Resource Group investit 400 millions de dollars dans la construction d’une usine de sulfate de lithium, un produit intermédiaire indispensable à la fabrication des batteries destinées aux véhicules électriques.
Ce projet s’inscrit dans la politique de valorisation des ressources minières engagée par Harare. Les autorités souhaitent mettre fin aux exportations de matières premières peu transformées afin de capter une plus grande part de la valeur ajoutée sur le territoire national. À partir de 2027, les exportations de concentrés de lithium devraient être interdites, obligeant les producteurs à investir dans des capacités locales de raffinage et de transformation.
L’usine de Bikita devrait afficher une capacité annuelle pouvant atteindre 100 000 tonnes de sulfate de lithium, ce qui en ferait l’une des plus importantes d’Afrique. Une fois opérationnelle, elle permettra au Zimbabwe de consolider son statut de premier producteur africain de lithium tout en renforçant son intégration dans la chaîne mondiale des matériaux pour batteries. Le projet constitue également une nouvelle illustration de l’influence croissante des groupes chinois dans le secteur minier zimbabwéen.
Depuis le rachat de la mine de Bikita en 2022, Sinomine a multiplié les investissements pour moderniser les installations et développer des unités de transformation à forte valeur ajoutée. Au-delà de la seule production minière, cette stratégie pourrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, accroître les recettes d’exportation et favoriser le développement d’un écosystème industriel autour des métaux critiques.
Dans un contexte de forte demande mondiale en lithium, portée par l’essor des véhicules électriques et du stockage d’énergie, le Zimbabwe entend désormais s’imposer non seulement comme un fournisseur de minerai, mais aussi comme un acteur de la transformation industrielle des minerais stratégiques.

