Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) accélère sa stratégie de transformation numérique en faisant de l’intelligence artificielle (IA), des technologies émergentes et de la digitalisation des chaînes de valeur industrielles l’un des principaux moteurs de sa compétitivité économique.
À travers plusieurs programmes régionaux présentés début août 2026, l’organisation souhaite accompagner les 21 États membres, qui représentent un marché de plus de 640 millions d’habitants et un PIB cumulé supérieur à 1 000 milliards de dollars, dans l’adoption des nouvelles technologies afin d’améliorer leur productivité industrielle, leur compétitivité et leur intégration économique.
Le COMESA considère que la quatrième révolution industrielle constitue une opportunité majeure pour les économies africaines. L’intelligence artificielle, l’analyse des données massives (Big Data), l’Internet des objets (IoT), la robotique industrielle, le cloud computing, la blockchain et les technologies de cybersécurité sont désormais au cœur des nouvelles politiques industrielles de l’organisation. L’objectif est d’aider les entreprises africaines à moderniser leurs processus de production, à réduire leurs coûts opérationnels, à améliorer la qualité de leurs produits et à renforcer leur présence sur les marchés internationaux.
Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD) et de plusieurs institutions internationales, la transformation numérique pourrait générer plus de 180 milliards de dollars de valeur ajoutée supplémentaire pour l’économie africaine d’ici 2028, tandis que l’intelligence artificielle pourrait contribuer à hauteur de 1 500 milliards de dollars au PIB africain d’ici 2030 si les investissements dans les infrastructures numériques, les compétences et l’innovation sont suffisamment soutenus. Le COMESA entend pleinement tirer parti de cette dynamique en développant un environnement favorable aux investissements technologiques et à l’innovation industrielle.
Dans cette perspective, l’organisation encourage le développement des infrastructures numériques, notamment les réseaux à haut débit, les centres de données (Data Centers), les plateformes de cloud souverain, les systèmes de paiement électroniques et les services numériques destinés aux entreprises industrielles. Plusieurs États membres investissent également dans la création de technopoles, de parcs technologiques, d’incubateurs et de centres d’innovation spécialisés dans les technologies industrielles.
L’intelligence artificielle est appelée à transformer de nombreux secteurs industriels de la région. Dans l’industrie manufacturière, elle permet déjà d’optimiser la maintenance prédictive des équipements, d’automatiser les chaînes de production, d’améliorer le contrôle qualité et d’optimiser la consommation énergétique. Dans l’agro-industrie, les technologies numériques facilitent la gestion des récoltes, la traçabilité des produits et la prévision des rendements. Les industries minières utilisent désormais des systèmes d’analyse prédictive pour optimiser l’exploitation des gisements et améliorer la sécurité des opérations.
Le COMESA soutient également l’utilisation de l’IA dans les administrations publiques afin d’améliorer les services douaniers, de fluidifier les échanges commerciaux et de réduire les délais de passage aux frontières. La digitalisation des procédures commerciales constitue un levier essentiel pour renforcer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et faciliter l’intégration économique régionale.
Parallèlement, l’organisation accorde une attention particulière au développement des compétences numériques. Des programmes de formation sont progressivement déployés afin de renforcer les capacités des administrations, des entreprises, des universités et des centres de recherche dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, de la science des données et de la transformation numérique. Le COMESA estime que plusieurs millions d’emplois qualifiés pourraient être créés dans les métiers du numérique au cours de la prochaine décennie.
En plaçant l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie industrielle, le COMESA ambitionne de faire émerger un tissu industriel plus innovant, plus résilient et davantage intégré aux chaînes de valeur mondiales. Cette orientation confirme que la compétitivité des économies africaines dépendra désormais autant de leur capacité à maîtriser les technologies numériques que de leurs ressources naturelles ou de leurs infrastructures traditionnelles. L’organisation entend ainsi positionner l’Afrique orientale et australe comme l’un des pôles émergents de l’industrie intelligente sur le continent.

