CÔTE D’IVOIRE — L’ACCÉLÉRATION DU SECTEUR EXTRACTIF CHANGE L’ÉQUATION INDUSTRIELLE

La Côte d’Ivoire accélère la transformation de son secteur extractif, avec une progression simultanée de l’or, du pétrole, du gaz et des investissements miniers. Les données officielles du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie indiquent une production aurifère supérieure à 60 tonnes en 2025, contre 59,124 tonnes en 2024, selon les projections budgétaires officielles.

La production d’or devrait atteindre environ 63 tonnes en 2026 puis 65 tonnes en 2027, selon le cadrage officiel du pays. La dynamique est également visible dans les nouveaux projets miniers. La mine de Lafigué, inaugurée en octobre 2024, était alors la 13e mine d’or industrielle du pays et la quatrième inaugurée dans cette séquence de développement. Sa production annuelle est estimée à 5,6 tonnes d’or à partir de 2025, pour environ 66 tonnes sur sa durée initiale d’exploitation. Le projet représente près de 400 milliards de FCFA de recettes attendues pour l’État sur sa durée d’exploitation et doit créer 500 emplois directs et plus de 1 000 emplois indirects.

Le projet Koné constitue une autre pièce maîtresse : il dispose de ressources estimées à 152 tonnes d’or, d’une durée de vie projetée de 20 ans et d’une capacité de traitement de 11 millions de tonnes de minerai par an, pour une production d’environ 7 tonnes d’or par an. L’investissement annoncé atteint 489 milliards de FCFA, avec un démarrage prévu en 2027. En février 2026, le gouvernement a également accordé deux nouveaux permis d’exploitation aurifère représentant ensemble plus de 14 tonnes de production annuelle moyenne, avec des investissements cumulés de plus de 732 milliards de FCFA.

Le secteur pétrolier connaît parallèlement une accélération spectaculaire.

En 2024, la production ivoirienne de pétrole brut a atteint 16,1 millions de barils, soit environ 44 000 barils par jour, en hausse de 50 % sur un an. La production de gaz naturel a atteint 2,4 milliards de m³. La montée en puissance du champ Baleine est le principal moteur de cette progression.

En mai 2026, Eni, PETROCI et Vitol ont officialisé la décision finale d’investissement pour la troisième phase de Baleine, représentant 4 milliards de dollars d’investissement supplémentaire et portant l’investissement total du projet à 8,5 milliards de dollars depuis sa découverte en 2021. Le gouvernement vise à terme une capacité de production pétrolière pouvant atteindre 200 000 barils par jour en 2030. Cette dynamique extractive pose désormais une question industrielle centrale : comment convertir davantage les revenus du pétrole, du gaz et des minerais en infrastructures, énergie, transformation locale et chaînes de fournisseurs ivoiriens ?

C’est précisément l’enjeu du SIREXE 2026, prévu à Abidjan du 18 au 22 novembre 2026, dont le thème porte sur les infrastructures nécessaires au développement des industries extractives et énergétiques africaines. Le salon réunira États, majors internationales, investisseurs, PME et startups autour des chaînes de valeur minières, pétrolières et énergétiques.

La Côte d’Ivoire cherche donc à passer d’un pays producteur de ressources à un véritable hub énergétique et minier régional. Pour les entreprises marocaines, cette accélération ouvre des perspectives dans l’ingénierie, les infrastructures, l’électricité, les équipements miniers, la logistique, la maintenance industrielle et les services aux opérateurs.

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