Les investissements des pays du Golfe en Égypte évoluent vers des projets d’infrastructures, d’énergie et d’aménagement côtier. Cette transformation renforce le rôle du pays comme plateforme régionale de circulation des marchandises, de l’énergie et des capitaux.
Les relations économiques entre l’Égypte et les monarchies du Golfe connaissent une évolution importante. Longtemps marqués par des dépôts financiers, des aides et des soutiens destinés à stabiliser les comptes extérieurs égyptiens, les flux de capitaux prennent désormais davantage la forme d’investissements dans des actifs économiques.
Les ports, les infrastructures énergétiques, les installations de stockage et les grands projets immobiliers occupent une place croissante dans cette coopération. Pour les investisseurs du Golfe, l’Égypte offre un marché important, une position géographique stratégique et des connexions avec plusieurs espaces commerciaux.
Le projet de Ras el-Hekma illustre cette évolution. En 2024, la société émiratie ADQ a annoncé un engagement de 35 milliards de dollars dans ce développement côtier. L’opération comprenait 24 milliards de dollars de nouveaux apports financiers, auxquels s’ajoutait la conversion d’environ 11 milliards de dollars de dépôts émiratis en participation au capital.
Ces montants correspondent à la structure annoncée de l’opération, et non à une dépense intégralement réalisée en une seule fois.
Une plateforme énergétique et logistique
La position de l’Égypte entre la Méditerranée, la mer Rouge et les grandes routes commerciales lui confère un rôle particulier dans les échanges internationaux. Les installations portuaires, les terminaux énergétiques et les infrastructures de transport peuvent contribuer à sécuriser les flux et à réduire certains coûts logistiques.
Les intérêts des deux parties sont complémentaires. L’Égypte recherche des financements, des devises et des projets capables de soutenir son activité économique. Les investisseurs du Golfe cherchent des actifs susceptibles de générer des revenus à long terme, notamment dans l’immobilier, la logistique et l’énergie.
Cette coopération comporte néanmoins des risques. La réussite des projets dépend de leur rentabilité, de la stabilité réglementaire, de la capacité à attirer des opérateurs et de l’exécution des travaux. Les investissements immobiliers ne produisent pas les mêmes revenus ni les mêmes risques que les infrastructures énergétiques.
Pour les entreprises africaines, cette évolution peut ouvrir des possibilités de partenariat, de sous-traitance et de participation aux chaînes d’approvisionnement régionales.
L’enjeu est désormais de convertir les engagements financiers en capacités productives, en emplois et en infrastructures opérationnelles.

