Le Ghana ouvre les marchés du Golfe à son cacao transformé

Le Ghana franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de montée en gamme de sa filière cacao. Le deuxième producteur mondial de fèves a sécurisé de nouveaux débouchés aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite pour ses produits transformés, une avancée qui pourrait accélérer ses ambitions de créer davantage de valeur ajoutée localement.  

Le Ghana poursuit sa politique de transformation locale du cacao. La Cocoa Marketing Company (CMC), filiale commerciale du Cocobod, a annoncé avoir obtenu des engagements d’achat auprès d’importateurs des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite pour plusieurs produits semi-transformés, notamment la pâte, le beurre, la poudre et le tourteau de cacao. Ces accords ouvrent de nouveaux débouchés dans une région où la demande en produits de confiserie et en ingrédients agroalimentaires est en forte progression.

Cette percée commerciale s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance du pays aux exportations de fèves brutes. Bien que le Ghana dispose d’une capacité de broyage d’environ 505 000 tonnes par an, ses unités industrielles ne fonctionnent actuellement qu’à près de la moitié de leur potentiel. Le gouvernement entend inverser cette tendance en affectant, dès la campagne 2026-2027, au moins 50 % de la production nationale à la transformation locale.  L’enjeu est considérable pour le deuxième producteur mondial de cacao.

En développant les exportations de produits à plus forte valeur ajoutée, Accra espère accroître ses recettes en devises, créer davantage d’emplois industriels et renforcer la compétitivité de sa filière. Cette stratégie commence déjà à porter ses fruits : en 2025, les exportations de cacao transformé ont généré 1,8 milliard de dollars, en hausse de 90 % sur un an.

Le défi reste néanmoins important. Le Ghana expédie encore une grande partie de sa récolte sous forme de fèves brutes, tandis que la Côte d’Ivoire continue de renforcer son avance dans la transformation industrielle. L’accès à la matière première pour les usines, l’amélioration du climat d’investissement et la stabilité de la réglementation seront déterminants pour permettre au pays de consolider sa place sur les marchés internationaux des produits dérivés du cacao.

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