ÉTHIOPIE — L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AU CŒUR DE LA NOUVELLE VAGUE D’INVESTISSEMENTS

L’Éthiopie cherche à accélérer sa transformation structurelle en faisant du manufacturing un pilier de son attractivité économique. La Commission éthiopienne de l’investissement présente aujourd’hui l’industrie manufacturière comme l’un des secteurs prioritaires du pays, aux côtés de l’agriculture, des mines, des TIC et du tourisme.

Le pays mise notamment sur le textile-habillement, le cuir, l’agro-industrie, la pharmacie, l’emballage et les industries légères. La stratégie repose sur un vaste dispositif de zones économiques spéciales et de parcs industriels, destinés à réduire les coûts d’implantation et à faciliter l’accès aux infrastructures.

L’Industrial Parks Development Corporation (IPDC) indique gérer 13 zones/parcs, dont 11 zones économiques spéciales et 3 parcs industriels selon son périmètre institutionnel présenté en ligne. Ces infrastructures regroupent plus de 200 investisseurs, ont généré plus de 100 000 emplois et représentent environ 1,8 milliard de dollars de revenus selon les données affichées par l’IPDC.

L’Éthiopie veut également attirer davantage de capitaux étrangers dans les chaînes de production exportatrices. La Commission d’investissement affirme que le secteur manufacturier reçoit plus de 50 % des flux d’IDE du pays, ce qui constitue un positionnement relativement atypique en Afrique. L’offre industrielle s’appuie sur une main-d’œuvre nombreuse, des coûts salariaux compétitifs, des infrastructures industrielles dédiées et des accords commerciaux régionaux.

Le gouvernement cherche également à développer des industries capables de remplacer certaines importations. La pharmacie constitue ainsi un secteur stratégique : la demande pharmaceutique éthiopienne progressait d’environ 15 % par an sur les cinq années précédentes selon la Commission d’investissement, qui estimait le marché à 1,8 milliard de dollars en 2025 et à 4 milliards en 2030.

Le parc pharmaceutique de Kilinto couvre 279 hectares, dont environ 166 hectares destinés aux fabricants. L’agro-industrie représente également un axe majeur, grâce au potentiel agricole et à l’importance du marché intérieur. Le forum gouvernemental « Invest in Ethiopia » a par ailleurs présenté en 2025 un portefeuille de 31 projets prêts à l’investissement, représentant plus de 13,38 milliards de dollars, dans plusieurs secteurs dont l’industrie manufacturière. L’intérêt des investisseurs asiatiques, notamment indiens et chinois, s’inscrit dans cette stratégie d’intégration aux chaînes de valeur mondiales.

Le gouvernement a explicitement présenté les zones économiques spéciales comme des plateformes destinées à attirer des investissements manufacturiers à forte intensité de production.

L’enjeu pour Addis-Abeba est désormais de passer d’une logique d’attraction d’usines à la constitution d’écosystèmes industriels complets, intégrant fournisseurs locaux, transfert de technologies, compétences, logistique et exportation.

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